Métiers passions et/ou rémunérateurs

Tags associés : , , posté le 8 march 2008


Ce billet fait suite aux commentaires que j'ai pu lire sur le billet Doit on devenir hors de prix pour gagner sa vie en tant qu'indépendant... expérimenté ? du blog d'Aymeric Jacquet. J'y ai retrouvé les mêmes arguments avancés par certains membres de la communauté scientifique pour expliquer les salaires relativement bas des chercheurs. Et je suis sûr que c'est le cas pour d'autres professions... est-ce vraiment une fatalité ?

Un passionné travaille mieux

Vraiment ? Oui. J'ai eu l'occasion d'en croiser pas mal au cours des dernières années et je n'ai malheureusement pas encore trouvé l'exception qui confirme la règle. Attention, il ne faut pas confondre passionné et fou de travail !

Cette qualité est difficilement quantifiable mais elle garantit en général la pérennité des projets et autres détails négligeables de cet ordre là. En contrepartie, il va falloir faire attention à ce que ça ne tourne ni à l'obsession, ni à l'entêtement ou savoir gérer les crises (lorsqu'on s'investit dans un projet c'est généralement pour le voir réussir et la chute est d'autant plus brutale).

Il y a aussi une distinction à faire pour les métiers demandant de la réflexion. On ne peut plus raisonner en termes de temps de présence au bureau lorsqu'on y pense en se réveillant, sous la douche ou en faisant ses courses. Personnellement c'est ce qui m'arrive inévitablement lorsque je joue aux échecs et c'est la raison pour laquelle je ne me suis jamais trop engagé dans cette voie, ça tournait à l'obsession. Il faut savoir faire la part des choses mais ça ne m'empêche pas d'avoir trouvé de très bonnes solutions dans ces moments là. Je pense que tous les développeurs ont déjà connu le fameux « il faut absolument que j'aille tester ça immédiatement » :-).

Un passionné n'est pas forcément vénal

« Travailler plus pour gagner plus » va rarement de pair avec la satisfaction du travail bien fait et l'accomplissement dans son travail si celui-ci devient une corvée. La suite logique c'est quoi ? Gagner plus pour consommer plus ? Et après ? À quel moment est-ce qu'on profite de la vie au quotidien ?

Consacrer x% de son temps à développer des projets personnels, pouvoir assister à des conférences en adéquation avec ses centres d'intérêts, bénéficier du dernier gadget, autant d'avantages qui peuvent motiver un passionné et qui ne sont pas forcément liés à l'argent. Bien sûr ça représente du temps de travail et donc de l'argent au final mais n'est-ce pas un détail comparé à ce que ça peut apporter en contrepartie au projet ? Ne serait-ce qu'en motivation.

Un passionné est très attaché à son domaine de prédilection et ne va pas seulement évaluer le salaire lorsqu'on lui propose un nouveau travail mais toute la myriade de petits détails qui font la différence autour et qui vont lui laisser la possibilité de s'exprimer pleinement au quotidien.

Je n'ai pas choisi de me mettre à mon compte pour gagner plus mais bien pour disposer de cette liberté (ce qui n'est pas forcément le cas au final mais bon j'aurais l'occasion de faire un bilan plus tard).

Un passionné mérite le respect

Le respect et la reconnaissance passent généralement par ses pairs. C'est ce qui donne l'énergie pour avancer. Mais dans un monde capitaliste, ça passe aussi par la reconnaissance de son patron/ses clients qui se traduit généralement par une rémunération... je fais un raccourci énorme et il y a évidemment d'autres types de reconnaissance. Mais quand même, ça a son importance dans cette société capitaliste.

Je me pose moi aussi souvent la question de savoir si les tarifs pratiqués par certains sont vraiment possibles. Franchement je ne pense pas qu'une relation de confiance puisse s'établir avec un budget aussi serré car ça demande un minimum de perte de temps au niveau des communications et de la pérennité de l'application. C'est peut-être adapté à certains projets mais je doute que ce soit motivant à développer... il y aura toujours du discount mais ce n'est pas le web auquel j'aspire.

Au final, un passionné ne va pas forcément être plus compétent, il va surtout être plus curieux et donc davantage à même de vous fournir des pistes innovantes/adaptées. Il va aussi s'investir dans votre projet qu'il aura choisi car il est motivant et qu'il est mené par des personnes intéressantes. Cette qualité a un prix, celui de la réussite de votre projet.


Billets contextuels



mixin : un agenda pas comme les autres

Image associée au billet

Il est temps de parler d'un projet sur lequel je travaille depuis des mois : mixin. On a parfois un peu trop la tête dans le guidon pour se rendre compte de la portée et de l'intérêt de ce ...

Trouver un projet d'application web

Image associée au billet

Vous étudiez l'évolution du web depuis quelques anées et vous vous dites qu'il serait intéressant de participer pleinement à son essor ? Il est grand temps de se jeter à l'eau. Voici quelques étapes pour imaginer et définir ...

★ Freelances, on tourne : 7 questions pour 5 freelances web

Image associée au billet

Je reçois pas mal de mails en ce moment au sujet de la situation de freelance et n'ayant franchi le pas que depuis peu, j'ai du mal à être vraiment pertinent dans mes réponses. D'une part je ...




Commentaires

#1 neolao , le 8 March 2008 à 11h  :

mais "passioné", on voit ça sur tous les CV

comment trouver ces gens là ?

PS: je porte toujours un petit carnet et un stylo sur moi, pour les idées éclair trouvées dans le métro

#2 David, biologeek , le 8 March 2008 à 11h  :

> comment trouver ces gens là ?

Dans les commentaires de blogs, bien évidemment ;-).

#3 Nicolas Mérouze , le 8 March 2008 à 12h  :

Je sais pas si j'ai de la chance mais je viens d'engager un passionné justement.

On ne le voit pas sur le CV c'est sûr, mais on sent bien que c'est un passionné quand dès le début de l'entretien il présente un projet personnel sur lequel il s'est appliqué. On le voit à la manière dont il parle de sa technologie favoris, de son domaine de prédilection.

Une chose aussi qui fait réellement la différence est son blog. Si la personne a un blog avec des articles de qualités sur son domaine (comme par exemple David) on peut se dire sans trop de mal que c'est un passionné.

Après on peut voir aussi s'il est impliqué dans des communautés, des projets open source, s'il va souvent à des conférences... Tout un tas de choses qui montrent que c'est un passionné.

Ca demande du travail après la réception d'un CV mais ça en vaut la chandelle.

#4 Thanh , le 8 March 2008 à 12h  :

Les deux auteurs des commentaires qui précèdent le mien, ne le savent pas encore mais ils vont taffer un jour chez O2Sources.

/me ne faisait que passer.

#5 Thanh , le 8 March 2008 à 12h  :

Ah, entre temps il y a eu un autre commentaire. Je veux aussi l'auteur du premier!

#6 Philippe , le 8 March 2008 à 16h  :

Quand la passion nous tient, arghh.

N'ayant jamais atteint un niveau honorable, je n'en ai pas moins gardé une passion pour les échecs. Pendant pratiquement 10 ans, cette passion est restée en sommeil, et soudain à l'ouverture d'une cantine... elle s'est réveillée

Aussi, quand je travaille je gère des sites Internet, et le week-end pour m'amuser, je gère un site internet sur les échecs fraîchement construit.
Allez j'y retourne.

#7 Xethorn , le 8 March 2008 à 20h  :

Il existe aussi des passionés qui une fois rentré dans le monde professionnel perdent cette dernière. J'en connais plusieurs … 

#8 Aymeric Jacquet , le 8 March 2008 à 23h  :

C'est une des premières choses que je dis aux stagiaires des formations print ou web ou j'interviens :

"Si vous n'êtes pas passionné et curieux par ce que vous allez faire, changez de métier. ;)"

Etre passionné, en tant qu'indépendant, c'est un plus indéniable, un plus que les clients ressentent quand vous les voyez en rendez-vous, parce que étant passionné, c'est connaitre son métier jusqu'au bout des ongles, et ça croyez moi, ils s'en rendent vite compte.

#9 neolao , le 8 March 2008 à 23h  :

tout à fait xethom

j'en connais aussi
et d'autres qui ne se manifestent pas tant que ça sur les sites, mais qui sont très bons

alors ? on est obligé de se taper des entretiens au feeling pour trouver la bonne personne ?

#10 neolao , le 8 March 2008 à 23h  :

D'ailleurs, j'ai imaginé un test ouvert pour des entretiens

Si on recrute pour du dev web par exemple, je mettrai bien le gars devant un site et lui dire "fais moi une critique du site".

Et là on regarde comment il analyse et raisonne. Une question ouverte.
Il peut ou non trouver les petites choses subtiles ou passer à côté.

Comme le dit plus haut Nicolas Mérouze, il a tout de suite senti le passionné.

Et je suis activement contre les tests de par coeur ou de vitesse.

#11 David, biologeek , le 9 March 2008 à 11h  :

@Than : qui sait ? :-)

@Xethorn : le confort de l'employé peut être néfaste oui...

@Aymeric Jacquet : tiens je savais pas que tu faisais des formations, comment est-ce que tu as procédé pour y arriver ? (j'ai toujours été attiré par l'enseignement).

@neolao : j'aime énormément cette idée de test.

#12 mat , le 9 March 2008 à 16h  :

neolao: j'ai pensé à ca pour telefun, mais il manquera toujours quelque chose: savoir si il sait effectivement coder :) Avec notre test très basique (juste créer une petite appli, avec le net et donc toute la doc qu'il veut) on voit très rapidement si le gars est passionné et sait coder un minimum... C'est pas parfait, mais c'est déjà pas mal :-)

#13 NiCoS , le 9 March 2008 à 21h  :

A l'inverse, je dirais que pour un passioné, trouver une boite "digne de ce nom" au sein de laquelle il va pouvoir "se faire plaisir" et oeuvrer pour sa passion, c'est pas évident évident je trouve.

Enfin c'est ce que m'inspire ma recherche d'emploi actuelle... :-/

Sinon pour le côté vénal, je dirais que c'est pondéré par ton statut (célibataire vs marié avec enfants par ex). Ca peut changer complétement la donne à ce niveau ;-)

NiCoS, à la recherche de l'emploi idéal...

#14 neolao , le 9 March 2008 à 23h  :

je préfère le raisonnement

un langage, ça s'apprend
coder en général, c'est plus difficile à voir avec un test où on doit créer un truc rapide

je jonglais pas mal avec différents langages, je crois que je raterai ce genre de test

#15 Vincent Voyer , le 10 March 2008 à 00h  :

Un passionné de programmation (et réellement passionné, si il lit > 50% de blogs sur la programmation, des livres etc...) sera toujours plus compétent qu'un autre.

Du moment qu'il comprend ce qu'il lit et l'utilise dans son travail.

#16 David, biologeek , le 10 March 2008 à 12h  :

@mat : je suis de l'avis de neolao, coder ça s'apprend. Après les besoins d'une entreprise en termes de formations/délais sont une réalité, je sais.

@NiCoS : DIY! ;-)

> Sinon pour le côté vénal, je dirais que c'est pondéré par ton statut

Moui enfin en même temps on a vécu à deux pendant un an sur Paris avec un seul salaire et un loyer à plus de 1000€ donc je connais très bien le problème... malheureusement.

@Vincent Voyer : plus compétent peut-être mais plus efficace ? Je lis certains blogs où l'auteur passe sa vie à bloguer, ça ne m'encourage pas non plus à embaucher une telle personne.

#17 NiCoS , le 10 March 2008 à 13h  :

@David : j'y songe mais j'ai encore des réticences... et j'ai malgré tout quelques pistes qui pourraient contenir des petites pépites - en tous cas, elles méritent qu'on s'y attarde.

Ce qui me bloque dans le freelance est pour le moment le manque de clients identifiés, des contraintes matérielles/financières et mon exigence qui fait que je me dis que je n'ai pas toutes les compétences nécessaires (mais j'y travaille...)

#18 vuger , le 12 March 2008 à 19h  :

bravo

#19 Aymeric Jacquet , le 13 March 2008 à 15h  :

David : En fait, dans la société ou j'ai fait mes premières armes, on m'a confié rapidement la formation des utilisateurs (j'aimerai me dire que c'est parce que j'étais le plus pédagogue, mais je crois surtout que notre directeur commercial en s'entendait pas vraiment avec mes collègues ;) ).

Et j'ai chopé le virus. C'est pourquoi, quand j'ai été licencié, j'ai décidé de faire une formation de formateur, pour acquérir des compétences complémentaires et me donner une certaine légitimité pour me positionner sur le marché de la formation.

Ensuite, c'est principalement une question de compétences personnelles et de "passion". ;) je connais des formateurs extraordinaires qui n'ont jamais ouvert le moindre bouquin traitant de la formation, ils on juste ça dans le sang.

#20 axel , le 13 March 2008 à 18h  :

C'est très rare les gens qui peuvent concilier argent et passion. Cependant, par définition, un passionné peut se nourrir uniquement de sa passion sans pensée pécuniaire...bien qu'allier les 2, c'est le top!

#21 med , le 18 March 2008 à 00h  :

salut david, je trouve ton site pas mal du tout, ça m'a donné envie de me mettre à django. Je remarque que le buzz de django n'a pas eu autant de succès que RoR, je n'en ai entendu parler qu'en surfant !
Cependant, ça me semble mieux construit, plus logique et surtout plus rapide que ce dernier.
Je suis très intéressé pour avancer sur Django et en faire mon métier, pour l'instant je suis ingé de prod en indép.
Cependant, je trouve la "scalabilité" comme disent certains pros un peu défaillante, rien qu'à voir la doc sur le site django-project.org, il y a querelle sur les termes utilisés (inexacts dans certaines parties du chapitre dédié à ce sujet). Je sais qu'on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre : dév. propre, déploiement out-of-the-box, support de la communauté encore faible, ...
A ton avis, est-ce si prometteur que cela ?
PS: As-tu des infos concernant une formation django/web dev ?
merci

#22 David, biologeek , le 18 March 2008 à 09h  :

@Aymeric Jacquet : d'accord, merci pour ces informations.

@axel :

> par définition, un passionné peut se nourrir uniquement de sa passion sans pensée pécuniaire

Ah bon ?! Dans quel dictionnaire ? :-)

@med : je suis pas sûr que ce soit vraiment le bon billet pour parler de ça mais bon. Django n'a pas un leader charismatique qui dispose d'une entreprise qui buzz dans tous les sens mais ça n'en reste pas moins un excellent framework.

Le chapitre 20 du Django Book www.djangobook.com/en/1.0... devrait t'en apprendre un peu plus au niveau du déploiement, Django est déjà utilisé par de nombreux gros sites et ne souffre pas plus de problèmes de scalabilité que RoR (voire moins étant donné que Python est plus performant).

Si ce n'était pas prometteur je n'en aurais pas fait mon métier ;-).

Je ne connais pas de formation à ce jour, cela dit je suis motivé pour participer à une telle formation si elle est créée (cf mon commentaire précédent).

#23 med , le 18 March 2008 à 16h  :

Merci pour ta réponse, bien que la question soit un peu hors sujet, je m'en excuse.

#24 eMeRiKa , le 25 March 2008 à 22h  :

Ca a parfois des inconvénients d'être passionné. Difficile de faire le vide et de pas penser "boulot". Mais le plaisir au travail un bonheur, ça veut bien quelques insomnies !

#25 Lesauf , le 26 March 2008 à 14h  :

Nicos : "je dirais que pour un passionné, trouver une boite "digne de ce nom" au sein de laquelle il va pouvoir "se faire plaisir" et oeuvrer pour sa passion, c'est pas évident évident je trouve."
Je ne pensais pas que ce serait aussi difficile à l'étranger. Je suis au Cameroun et ça fait bien 3 ans que j'essaye de trouver un emploi comme développeur PHP. C'est rassurant de savoir qu'on n'est pas seul...

Ajouter un commentaire

© 2004-2008 David Larlet - Licence (presque) libre - Site enfin propulsé par Django et hébergé par Typhon.